Alain Turpault
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On peut dire que dès le commencement de la photographie deux voies s'ouvrent avec "le point de vue du gras" 1827 de Nicéphore Nièpce et "l'autoportrait en noyé" d'Hippolyte Bayard 1840; l'une documentaire, l'autre fictionnelle.Nous savons que la première fascinait par son exactitude et sa vérité scientifique mais l'écart de Bayard pose dès le départ la question de la subjectivité de l'acte photographique.Ma pratique a consisté à ne pas choisir et à questionner l'une et l'autre par alternance.Ainsi "Des orages isolés éclatent sur tout le relief" 1993-2006 et "Enfants de la lune" 2007 se confrontent au réel et à sa représentation; suite de figures d'hommes, de femmes et d'enfants face à la maladie. L'acte photographique devant en rendre compte.Dans "Présence" 1993 et "Les pieds sur terre" 2000, j'aimerais parler de photographies "fabriquées", nuance qui consiste à introduire dans un processus de reportage une mise en scène, une narration, une temporalité subjective.Enfin les séries "J'irai courir le monde" 1993, "Mal à la tête" 2004, "Fortuna" 1999-2009, "Éclipses" 1999-2009 s'éloignent des deux autres pratiques pour ne mettre en oeuvre que la part de fiction, convoquant seule l'imaginaire de la relation. A.T
 
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